Nous reportons certains passages d'une interview, sur le thème de I'homosexualité, que la sociologue Evelyne Sullerot a donnée le 5 juillet dernier au journal "La Manche Libre":
Q.: Quand on voit la foule présente à Ia "Gay Pride" à Paris, on a le sentiment que les homosexuels sont de plus en plus nombreux dans notre société. Pourquoi n'auraient-ils pas le droit de bénéficier de ces avantages?
R.: Ce n'est qu'une impression. En réalité, ils ne représentent que 4% des hommes et 2% des femmes. La forte représentation des homosexuels dans les médias, le show-bizz, le milieu artistique et intellectuel vous donne cette illusion. Ils sont en fait très minoritaires. II ne serait pas normal que dans notre pays cette petite minorité impose sa loi à une écrasante majorité. De plus, ils culpabilisent ceux qui ne partagent pas leur façon de vivre.
Q.: L'homosexualité est aujourd'hui entrée dans les moeurs. N'est-ce pas une réaction homophobe ou rétrograde de les empêcher de bénéficier d'une loi prenant en compte leurs revendications?
R.: (...) la sexualité libre n'a pas besoin d'être subventionnée. Notre pays manque d'enfants, des familles vont être pénalisées avec le quotient familial et il faudrait aujourd'hui donner de I'argent public à des personnes sous prétexte qu'elles jouissent de telle ou telle façon. C'est une aberration. Les homosexuels n'ont pas besoin d'une loi. Les problèmes d'argent, d'appartement, de partage après la mort d'un des deux conjoints peuvent parfaitement s'arranger en dehors du cadre législatif. (...)
Q.: Vous en parlez comme si les homosexuels étaient des envahisseurs et comme si le Pacs était un véritable fléau qui allait tout détruire sur son passage? N'exagérez-vous pas un peu?
R.: Vous ne vous rendez pas compte du danger de ce Pacs. Il constitue une réelle menace pour les jeunes et les enfants. Leur propre identité sexuelle et les valeurs qui I'accompagnent leurs posent des problèmes.(...) Si notre société continue à brouiller ces repères, nous aurons de plus en plus de jeunes gens mal dans leur peau (...). Le Pacs ne fera qu'accentuer ce phénomène.
Q.: Comment en sommes-nous arrivés Ià?
R.: C'est une manoeuvre éléctorale qui est à I'origine du Pacs. Les socialistes I'avaient inclu dans leur programme lors des Législatives de 1997 afin de satisfaire le lobby homosexuel et d'attirer bon nombre de concubins. Une telle mesure est également le résultat d'une évolution de la société et des mentalités. Au début du siècle, les psychanalystes affirmaient que la répression sexuelle était la cause de toutes les névroses et de tous les blocages. Avec la libération sexuelle, et notamment I'arrivée de la contraception, les hommes et les femmes ont pensé qu'ils n'auraient plus de névroses car leur sexualité ne serait plus refoulée. Ils ont cru que «tout était permis» (...). Chacun a cherché son épanouissement sexuel, I'engagement social qu'est le mariage et la transmission de la vie sont passées au second plan. Le Pacs s'est greffé sur ces désirs individualistes.
Q.: (...) La prochaine étape après le Pacs ne sera-t-elle pas celle de I'adoption des enfants par des couples homosexuels?
R.: C'est ce qu'ils recherchent. Même si cela n'est pas écrit dans les différents textes, le Pacs constituerait pour les homosexuels un tremplin leur permettant d'obtenir le droit d'adopter des enfants.
(C.E.)