Dans le numéro de juin 1998 du CDC j’avais défendu l’honneur de la Marseillaise. Cela me valut quelques claques. Aussi suis-je mis en demeure de m’exprimer au sujet de la Brabançonne.
Je n’aime nullement ce chant! Mais, je me souviens d’une leçon de l’un de mes enseignants loin dans les années 50 (en ce temps-là, on devait dire «Monsieur le maître» et non point «m’sieur»). Il termina sur un ton péremptoire: "La Marseillaise se chante au pas de charge... notre Brabançonne n’est pas mélodieuse, mais nous continuerons à nous lever pour l’entendre car c’est notre hymne national..."
Quand la Brabançonne est diffusée lors d’une manifestation sportive ou autre, j’ai la décence de me lever et de l’écouter dans une tenue digne (sauf quand je maîtrise ma caméra) autrement j’ai les deux mains non croisées dans le dos et en dehors des poches. Contrairement à certains. Authentique! J’ai vu cela, les mains dans les poches et la tête couverte! Je l’ai vu, de mes yeux vu! je qualifie cela: Attitude incivique.
De mon temps, à l’école, on apprenait la Brabançonne. Les veilles de fête, dans l’enseignement chrétien, nous devions la chanter. Dans les camps de vacances, chez les louveteaux et chez les scouts, lors du lever des couleurs nationales (chaque jour le matin), nous chantions la Brabançonne la main droite levée (au niveau du front). Dans les camps des "faucons rouges", on chantait, paraît-il l’Internationale le poing brandi face au drapeau de couleur sang, "... debout les forçats de la faim..." avant de s'empiffrer (endoctrinement).
Il me plaît de rappeler l’une de nos gloires nationales oubliée dont la statue décrépie, abandonnée est située proche de la Grand-Place de Bruxelles: place Saint-Jean.
Il s’agit d’une demoiselle condamnée à mort par l’occupant en mars 1916. Son crime (?) de guerre fut de protéger, de soigner, de cacher des blessés alliés ainsi que des patriotes vrais et honnêtes. Elle s’appelait Gabrielle Petit.
Avant d’être emmenée face au peloton, elle osa narguer le commandant du détachement en lui crachant: «vous allez voir comment une femme belge sait mourir».
Attachée au poteau, avant de tomber sous la salve, elle hurla d’un cri de désespoir mais de foi: «Vive le Roi, Vive la Belgique».
Son attitude lui valut de la part de l’officier prussien l’honneur de la présentation des armes après son exécution.
Mais, auparavant, elle s’avança devant les fusils en chantant un hymne: c’était la Brabançonne.
Henry Fondaire