Sémira Adamu: désinvolture ou incompétence?


La mort de Sémira Adamu, c’est de toute évidence une bavure lamentable, déplorable, monumentale. Notre gendarmerie déjà bien malmenée n’avait pas besoin de cela, son image de marque se trouvant déjà suffisamment ternie.

Fallait-il que le ministre Tobback démissionne en cette circonstance où ce sont les gendarmes qui ont appliqué avec, semble-t-il et on y reviendra, une désinvolture coupable des instructions assez précises, dit-on, sur l’usage du coussin? Il nous faudrait dans ce cas un nombre impressionnant de ministres en réserve pour le ministère de l’intérieur. Déjà, lors de l’évasion rocambolesque et médiatisée à l'extrême de Marc Dutroux, le ministre Van De Lanotte avait cru devoir démissionner alors que la gendarmerie, déjà elle, avait fait preuve de négligences inadmissibles. Cela fait trois ministres en cinq mois qui ce succèdent à ce poste à haut risque! En restera-t-il assez pour terminer cette législature vu qu’il faut, équilibre politique oblige, les prélever impérativement chez les socialistes flamands déjà exsangues en personnalités de valeur?

Quant à la mort de Sémira, pouvait-on l’éviter, ce qui aurait, on s’en doute, soulagé tout notre petit monde de politicards médiocres?

A première vu oui!

Il a fallu six tentatives alors que la première aurait du être la bonne. Aux dires de Sémira Adamu elle-même (La Libre Belgique du 24 septembre, page 2) on lui aurait demandé le jour où on la ramenait à l'aéroport pour être expulsée si elle acceptait cette expulsion. Sur son refus, on la ramène au centre. Est-ce bien sérieux?

Sa demande de droit d’asile avait été refusée comme incohérente, invraisemblable et injustifiée. Il fallait dans ces conditions l’expulser sans s’inquiéter de son avis, on n’aurait pas connu toutes ces difficultés qui se sont accumulées comme par plaisir à cause de l’incohérence de notre législation, l’incompétence de notre gendarmerie, son manque d’organisation aussi, et le manque total de coordination entre les autorités du centre d’hébergement et celles de l’aéroport.

Le récit de cinq tentatives avortées et de la sixième qui se termine par une catastrophe est proprement hallucinant par leur accumulation de sottises (La Libre Belgique, id.).

Faut-il faire confiance au dessin publié dans la presse et qu’on nous présente comme étant tiré de la vidéo de l'événement? Je suis comme Saint Thomas: je demande à voir la vidéo originale pour y croire, les événements de Timisoara en Roumanie ont déjà démontré comment il est possible de déformer l’information et manipuler l’opinion.

L’exploitation politique éhontée que l’on fait de cet événement particulièrement malheureux est plus que suspecte.

L’expulsion des immigrés non désirés et irréguliers reste impérative, c’est la manière d’agir qu’il faut revoir.

G. Duterme